Le béton, un matériau indispensable aux éoliennes
Le béton est un matériau indispensable à la construction d'un parc éolien. Utilisé pour construire les fondations des futures éoliennes, il assure leur stabilité et leur permet de résister aux contraintes mécaniques générées par le vent pendant plusieurs décennies.
L’installation d’une éolienne terrestre nécessite en moyenne entre 400 et 700 m³ de béton, soit environ 900 à 1 600 tonnes1 de matériau. Cette consommation représente toutefois moins de 1,5 % du béton utilisé chaque année en France.
Contrairement à certaines idées reçues, ce béton n'est pas destiné à rester définitivement dans le sol. Depuis 2020, la réglementation française impose le démantèlement complet des fondations en fin d'exploitation. Le béton est alors excavé, concassé, trié, déferraillé puis recyclé sous forme de granulats réutilisés dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Aujourd'hui, plus de 90 % des composants d'une éolienne sont recyclables2, illustrant les progrès réalisés par la filière en matière d'économie circulaire.
Si la recyclabilité du béton constitue un atout important, son impact environnemental reste un sujet majeur. Celui-ci provient principalement du ciment qui entre dans sa composition. À l'échelle mondiale, le secteur du béton représente environ 7 %3 des émissions de gaz à effet de serre. La décarbonation des matériaux de construction apparaît donc comme un levier essentiel pour réduire l'empreinte environnementale des parcs éoliens.
Là où se joue l’empreinte carbone : le ciment
Cette empreinte provient principalement du ciment qui entre dans la composition du béton. Une fondation d'éolienne contient en moyenne 350 kg de ciment par mètre cube4, faisant de ce matériau l'un des principaux contributeurs aux émissions associées à la phase de construction d’un parc éolien.
En cause : le clinker, composant essentiel des ciments traditionnels. Sa fabrication repose sur la cuisson du calcaire dans des fours atteignant près de 1 500 °C. Ce procédé, particulièrement énergivore, génère d'importantes émissions de CO₂, à la fois lors de la combustion nécessaire pour atteindre ces températures et à travers la réaction chimique de transformation du calcaire. À titre indicatif, un ciment de type CEM I contenant 95 % de clinker émet environ 800 kg de CO₂e (équivalent dioxyde de carbone) par tonne produite5.
Boralex estime ainsi qu'une fondation de 600 m³ réalisée avec un ciment conventionnel peut représenter à elle seule près de 168 tonnes de CO2 soit l'équivalent de 80 aller-retours Paris New-York en avion*.
Face à cet enjeu, deux principaux leviers d'action existent : réduire les volumes de béton grâce à des fondations optimisées ou agir directement sur l'empreinte carbone du ciment utilisé. C'est sur ce second levier que Boralex travaille aujourd'hui avec ses partenaires Hoffman Green Cement Technologies et Comergy, en développant et en testant des solutions de béton bas carbone pour ses projets éoliens.
Le béton bas carbone : une nouvelle génération de matériaux
Le principal levier du béton bas carbone consiste à remplacer le clinker, particulièrement énergivore et émetteur de CO₂.
Pour s'affranchir de cette étape, Hoffmann Green a développé des ciments à 0 % de clinker, reposant notamment sur l'utilisation de coproduits industriels, tels que les laitiers issus de l'industrie sidérurgique, associés à une formulation spécifique développée par l'entreprise. Cette technologie permet de conserver les performances mécaniques nécessaires aux ouvrages de génie civil tout en réduisant significativement leur impact environnemental.
Principaux bénéfices du béton bas carbone
- Jusqu'à 70 à 90 % d'émissions en moins par rapport à certains ciments conventionnels fortement chargés en clinker, selon Hoffmann Green6.
- Une moindre consommation de matières premières vierges, grâce à l'utilisation de ressources issues d'autres filières industrielles.
- La valorisation de coproduits industriels, en cohérence avec les principes de l'économie circulaire.
- Le maintien des performances techniques et de la durabilité exigées pour les infrastructures complexes, notamment les fondations d'éoliennes.
Grand Camp : un chantier pilote pour le béton bas carbone
Pour la première fois sur un projet éolien porté par Boralex en France, un béton bas carbone à 0 % de clinker est utilisé dans le cadre du renouvellement du parc éolien de Grand Camp. Chaque fondation a nécessité 476 m³ de béton bas carbone coulés en mai 2026. Cette expérimentation a nécessité un important travail préparatoire mené aux côtés de nos partenaires, comprenant :
- une phase spécifique de conception des fondations ;
- la qualification des centrales à béton par Hoffmann Green ;
- des essais industriels préalables ;
- la validation du contrôleur technique (Bureau Veritas) ;
- un accompagnement des équipes lors des opérations de coulage ;
- un programme complet de contrôles qualité après réalisation.
Zoom sur le parc éolien de Grand Camp avant et après renouvellement | |
Parc éolien actuel | Parc éolien après renouvellement |
Date de mise en service : janvier 2010 | Date de mise en service (prévisionnelle) : décembre 2026 |
5 éoliennes Enercon E82 | 3 éoliennes Vestas V150 |
Puissance installée : 10 MW | Puissance installée : 13,5 MW |
Production annuelle : 25 GWh | Production annuelle prévisionnelle : 39,1 GWh |
Equivalence de consommation électrique annuelle : 11 200 habitants | Equivalence de consommation électrique annuelle : près de 17 600 habitants |
Une innovation au service de la stratégie RSE de Boralex
L’utilisation de béton bas carbone à Grand Camp s’inscrit pleinement dans la stratégie RSE de Boralex. Cette démarche traduit notre volonté de réduire l’empreinte environnementale de nos activités sur l’ensemble de la chaîne de valeur.
Notre ambition est limiter les émissions de gaz à effet de serre associées à nos projets, à favoriser une utilisation plus responsable des ressources et à encourager le développement de solutions relevant de l’économie circulaire.
Pour y parvenir, nous travaillons aux côtés de nos fournisseurs et partenaires afin de faire évoluer les matériaux, les procédés et les méthodes de construction utilisés sur nos parcs. Le projet de Grand Camp illustre concrètement cette démarche en permettant :
- contribuer à la réduction des émissions associées à la construction du parc ;
- soutenir le développement de solutions innovantes et durables ;
- partager les retours d’expérience avec l’ensemble de la filière ;
- identifier des solutions susceptibles d’être déployées sur d’autres projets de Boralex.
Sources utilisées pour cet article
1 Ademe, Le béton dans la transition énergétique (2020)
2 France Renouvelables, Guide de démantèlement
3 Global Cement and Concrete Association (GCCA), Sustainability Report 2023
4 Le Moniteur
5 Infociments
6 Ciments Hoffmann
* Les données relatives aux émissions évitées et au nombre d’habitants alimentés proviennent d’un calcul fondé sur la méthode recommandée par l’ADEME, spécifiquement conçue pour le contexte énergétique local et actualisée chaque année. Cette méthode prend en compte la source d’injection d’électricité et son empreinte carbone locale
